Hémostatiques chirurgicaux

Un hémostatique chirurgical est un matériau appliqué sur une surface hémorragique afin d’aider à arrêter le saignement lorsque le clampage, la ligature ou la cautérisation sont impraticables ou insuffisants. Certains sont résorbables et sont laissés en place pour être résorbés ; d’autres ne sont pas résorbables et agissent par occlusion mécanique.

Pourquoi c'est important

Un saignement qu’un fil ou un clip ne peut atteindre — une surface parenchymateuse à vif, une tranche osseuse, un suintement diffus d’un plan de dissection — appelle une autre catégorie de dispositif. Les hémostatiques constituent cette catégorie. Ce sont des adjuvants : ils complètent le contrôle conventionnel plutôt qu’ils ne le remplacent, et la différence entre les familles est mécanique et non une question de degré.

Un saignement que l’on ne peut pas lier

Un vaisseau dont l’extrémité est identifiable peut être fermé. Il peut être lié par une ligature ou occlus par un clip, et le saignement cesse parce que la lumière est fermée. C’est la situation pour laquelle la plupart des dispositifs de fermeture sont conçus.

Une grande partie des saignements chirurgicaux ne relève pas de ce cas. Une tranche de foie ou de rate, un os spongieux ouvert par la scie, ou la large surface d’un plan de dissection saignent simultanément par de nombreux petits canaux dont aucun ne peut être saisi individuellement. Il n’y a rien à lier. Les hémostatiques existent pour cette surface.

Deux mécanismes, deux familles

Les hémostatiques résorbables sont des matériaux posés sur la surface hémorragique et laissés en place. Ils présentent à la plaie une matrice physique qui soutient et localise le processus de coagulation propre à l’organisme, puis le matériau est dégradé et éliminé au fil du temps. La cellulose oxydée régénérée en est l’exemple le plus utilisé.

La cire à os repose sur un principe entièrement différent. C’est un matériau malléable et non résorbable appliqué sur la tranche osseuse, qui arrête le saignement en obstruant physiquement les canaux ouverts — un tamponnement, et non une chimie de la coagulation. Elle n’est pas résorbée : ce qui est appliqué demeure.

Regrouper ces deux produits sous un même intitulé relève de la commodité de vocabulaire et non d’une équivalence. Ils agissent sur des tissus différents, par des moyens différents, et l’un disparaît quand l’autre reste.

La cellulose oxydée régénérée

La cellulose oxydée régénérée — COR, ou ORC en anglais — est une cellulose régénérée, c’est-à-dire dissoute puis refilée en une fibre régulière et maîtrisée plutôt qu’employée sous sa forme végétale brute, puis oxydée chimiquement. La régénération donne une fibre assez homogène pour être tricotée ; l’oxydation la rend résorbable et confère au matériau son pH acide caractéristique.

Parce qu’elle est tricotée en un textile plutôt que fournie en poudre ou en gel, la COR se manipule comme une étoffe. Elle peut être découpée à la forme de la surface, appliquée à plat, superposée ou tassée dans une cavité, et maintenue par une pression douce le temps qu’elle agisse. Cette qualité de manipulation explique en grande partie la persistance de ce format.

La cire à os n’est pas un hémostatique résorbable

La cire à os est classiquement une base cireuse additionnée d’un agent assouplissant, travaillée entre les doigts jusqu’à devenir malléable puis pressée dans la tranche osseuse hémorragique. Son tissu cible est l’os, son mécanisme est l’occlusion, et son devenir est de rester.

C’est ce dernier point qui change la pratique. Le matériau n’étant pas résorbé, la quantité employée et le lieu d’application sont des décisions délibérées et non incidentes, et elles reviennent au chirurgien dans le cadre de la notice d’utilisation. Un matériau qui demeure est un matériau qui doit être justifié.

Adjuvant, et non substitut

Les hémostatiques sont décrits, dans la littérature comme dans l’étiquetage des dispositifs, comme des adjuvants des méthodes conventionnelles d’hémostase. Un vaisseau nommé qui peut être lié doit être lié. Recourir à un hémostatique de surface là où une ligature ou un clip est indiqué revient à substituer une solution diffuse à une solution définitive.

Ce que l’imagerie ultérieure peut montrer

Un matériau hémostatique résorbable laissé sur un site opératoire n’est pas invisible par la suite. Le matériau résiduel peut être visible sur une imagerie en coupe postopératoire, et cet aspect est décrit dans la littérature radiologique comme un piège classique, pouvant simuler une collection ou un abcès postopératoire.

La conséquence pratique est documentaire plutôt que clinique : lorsqu’un tel matériau a été employé et laissé en place, le mentionner dans le compte rendu opératoire donne au radiologue qui lira un examen ultérieur le contexte nécessaire à son interprétation. Le matériau se comporte comme prévu ; le risque est celui d’une mauvaise lecture, et il s’évite par l’information.

Terminologie clé

Hémostase
L’arrêt du saignement, qu’il soit obtenu par la coagulation propre à l’organisme, par un geste chirurgical ou par un dispositif.
Hémostatique
Dans cet article, un matériau appliqué sur une surface hémorragique. Le même mot désigne aussi la pince hémostatique : les deux sens sont sans rapport.
Cellulose oxydée régénérée (COR / ORC)
Cellulose refilée en une fibre homogène puis oxydée, ce qui la rend résorbable. Fournie couramment sous forme de textile tricoté.
Tamponnement
Arrêt du saignement par pression ou obstruction physique du canal hémorragique, plutôt que par stimulation de la formation du caillot.
Résorbable
Dégradé et éliminé par l’organisme au fil du temps, de sorte que le matériau ne demeure pas définitivement sur le site.
Adjuvant
Dispositif ou mesure employé en complément du traitement conventionnel, et non à sa place. Les hémostatiques résorbables sont étiquetés comme adjuvants.
Cire à os
Matériau malléable et non résorbable appliqué sur une tranche osseuse pour obstruer mécaniquement les canaux hémorragiques.

Caractéristiques techniques

COR — matériau
Cellulose oxydée régénérée
COR — forme habituelle
Textile tricoté, découpé à la demande au moment de l’emploi
COR — devenir dans l’organisme
Résorbable ; dégradée et éliminée au fil du temps
Cire à os — matériau
Base cireuse additionnée d’un agent assouplissant
Cire à os — forme habituelle
Solide malléable, ramolli puis pressé sur l’os
Cire à os — devenir dans l’organisme
Non résorbable ; le matériau appliqué demeure
Tissu cible
COR : surfaces des tissus mous et parenchymateuses. Cire à os : tranche osseuse
Rôle
Adjuvant des méthodes conventionnelles d’hémostase
Statut réglementaire
Dispositifs médicaux ; la classification diffère selon les juridictions

Comparaison

Les trois façons d’arrêter mécaniquement un saignement en chirurgie, et ce qui les distingue par la cible, le mécanisme et ce qui subsiste.
Dispositif Ce sur quoi il est appliqué Mécanisme Demeure dans l’organisme ?
Hémostatique résorbable (COR) Une surface de tissu mou à vif ou suintante Fournit une matrice sur laquelle la coagulation se déroule Non — résorbé au fil du temps
Cire à os Une tranche d’os spongieux Occlusion mécanique des canaux hémorragiques Oui
Clip ou ligature Un vaisseau identifiable dont l’extrémité est accessible Ferme la lumière du vaisseau Clip : oui. Ligature : selon le matériau du fil

Ce que les cliniciens évaluent lors du choix

Y a-t-il un vaisseau à fermer ?

Si le saignement provient d’un vaisseau que l’on peut isoler, il s’agit d’un problème de ligature et non de surface. Un clip ou une ligature le ferme définitivement.

Os ou tissu mou ?

Les deux familles ne se substituent pas l’une à l’autre. La cire à os est formulée pour la tranche osseuse ; les hémostatiques de surface résorbables s’emploient sur les tissus mous.

Le matériau doit-il disparaître ?

Un hémostatique résorbable est éliminé avec le temps. Un matériau non résorbable demeure, et la quantité laissée dans la plaie est donc une décision délibérée.

Que montrera une imagerie ultérieure ?

Un matériau résorbable résiduel peut être visible sur les examens ultérieurs et ressembler à une collection. Le mentionner dans le compte rendu opératoire lève l’ambiguïté.

La notice d’utilisation fait foi

Quantité, mise en place, contre-indications et précautions propres au site figurent dans la notice d’utilisation de chaque produit. C’est ce document contrôlé, et non un article de référence, qui fait foi.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un hémostatique résorbable ?

Un matériau posé sur une surface hémorragique, qui soutient la coagulation propre à l’organisme à cet endroit, puis qui est dégradé et éliminé, de sorte que rien de permanent ne subsiste. La cellulose oxydée régénérée en est l’exemple le plus connu. Il s’emploie comme adjuvant lorsqu’un vaisseau ne peut être lié ni clipé.

La cire à os est-elle résorbable ?

Non. La cire à os n’est pas résorbable. Elle agit en obstruant mécaniquement les canaux hémorragiques de l’os sectionné, et le matériau appliqué demeure sur le site. C’est la principale différence avec un hémostatique de surface résorbable.

La cellulose oxydée régénérée se dissout-elle ?

Elle est dégradée et éliminée par l’organisme plutôt que dissoute au sens courant. La durée de ce processus est propre à chaque produit et figure dans sa notice d’utilisation, qui est la source correcte pour tout chiffre.

Un hémostatique peut-il remplacer un fil ou un clip ?

Non. Les hémostatiques résorbables sont étiquetés comme adjuvants de l’hémostase conventionnelle. Lorsqu’un vaisseau peut être lié ou clipé, c’est là le contrôle définitif ; un hémostatique de surface traite un saignement qui ne relève pas de ce geste.

Un hémostatique résorbable est-il visible sur un scanner ?

Le matériau résiduel peut apparaître sur l’imagerie postopératoire, et son aspect est un piège reconnu, pouvant simuler une collection postopératoire. Indiquer dans le compte rendu opératoire que le matériau a été employé et laissé en place donne au radiologue le contexte nécessaire pour l’interpréter correctement.

Un hémostatique est-il la même chose qu’une pince hémostatique ?

Non — le mot recouvre deux sens sans rapport. La pince hémostatique est un instrument servant à clamper un vaisseau. L’hémostatique au sens employé ici est un matériau appliqué sur une surface hémorragique.

Le produit Hemostax — hémostatique résorbable (COR) Notre hémostatique résorbable, fourni sous forme de textile tricoté en cellulose oxydée régénérée, découpable et applicable sur une surface hémorragique. Voir le produit → Le produit Waxocare — cire osseuse Notre cire osseuse : un matériau malléable et non résorbable destiné à obstruer les saignements des tranches osseuses. Voir le produit →

Notice d’utilisation

Cet article décrit le fonctionnement général des familles d’hémostatiques chirurgicaux. Il n’indique ni quantités, ni indications, ni contre-indications, ni instructions de manipulation pour un produit particulier. Ces éléments figurent dans la notice d’utilisation fournie avec le dispositif, qui est le document contrôlé et la seule source correcte à cet égard.

Avis médical et réglementaire

Cet article est une information de référence générale destinée aux professionnels de santé, décrivant le fonctionnement d’une catégorie de dispositifs. Il ne remplace pas la notice d’utilisation fournie avec un produit, il ne constitue pas une recommandation clinique et il ne décrit pas le statut réglementaire d’un dispositif donné sur un marché donné. La disponibilité, les indications et la classification varient selon les juridictions. Les décisions cliniques concernant un patient relèvent du clinicien traitant.

Rédigé par Dolphin Sutures Contenu médical, relu avant publication
Révisé par Dolphin Sutures Revue interne réglementaire et qualité
Dernière révision Révisé selon un cycle planifié

À lire également